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17 janv. 2020

Time 5 minutes

Portrait #gensduvieux: Michael Tozzi

Portrait #gensduvieux: Michael Tozzi

À un coin de rue de la place d’Armes, sur la rue Saint-Jacques, un resto chic a ouvert ses portes il y a presque un an. Son propriétaire, Michael Tozzi, nous reçoit dans cet établissement à l’équilibre parfait entre design et bonne cuisine où le charme fou du quartier historique s’exprime dès la devanture.

Défis d’entrepreneur, vie d’influenceur, inspirations et routine, Michael travaille fort et tout lui réussit.

Une préparation minutieuse, un résultat heureux

« J’ai essayé de partir du Vieux, confie-t-il d’emblée en riant, mais j’ai cherché longtemps sans trouver de local ailleurs pour le resto que je voulais ouvrir en quittant le Olive et Gourmando. Quand j’ai trouvé cet endroit, j’ai aimé les arches, mais il a fallu faire beaucoup de travaux ». De l’ancien bar plutôt obscur qui occupait le 244 rue Saint-Jacques, Michael n’a gardé que les fenêtres immenses qui désormais sont une signature architecturale parfaitement mise en valeur. Michael nous reçoit sur la banquette caramel qui donne au lieu une touche fauve et chaleureuse. «J’aime beaucoup le design, explique Michael qui a modelé la place selon ses goûts, mais ça n’est qu’une toute petite partie du processus!» lance-t-il tout sourire.

« J’ai fait les travaux ici pendant presque un an avec mon père, se souvient Michael. Ça nous a rapprochés. Aujourd’hui quand il vient, il s’arrête, il regarde le restaurant avec fierté et il ne manque jamais de dire “Ah, on a fait ça!” Il est toujours très ému!» confie le jeune homme. Ça fait maintenant dix ans que ce dernier est un «Gens du Vieux», qui vit et travaille dans le quartier. Cette expérience unique du voisinage lui a permis de s’inscrire au mieux dans la quintessence renouvelée du Vieux-Montréal et explique peut-être en partie la réussite du Dandy.

Chronique d’un succès annoncé

«On a reçu un très bon accueil dans la presse et sur les médias sociaux et honnêtement, ça a été une très belle surprise!» explique Michael qui a fait ses classes sur la scène culinaire montréalaise. «J’ai beaucoup appris quand j’étais au Olive et Gourmando et Dyan est toujours une mentor pour moi! Je la consulte quand j’ai des doutes! C’est pour ne pas être en compétition que je ne voulais pas m’installer dans le Vieux-Montréal mais finalement, même si on est deux restos de jour, notre offre est assez différente!». Bien sûr, de ses voyages et de son insatiable curiosité, Michael aurait pu vouloir s’établir ailleurs en Amérique du Nord, et d’autres grandes villes l’auraient bien tenté. Mais il a fait sa place ici, et se prévaut de prudence. «J’ai fait des chroniques dans Le Devoir, je me suis fait un nom ici, ça a pris du temps et maintenant je pense que c’est bon pour moi d’avoir le Dandy ici. Ailleurs, il n’aurait pas eu la même force ni la même identité» dit-il en embrassant d’un regard comblé la salle du Dandy.

Défis et inspirations

«Je dis souvent “on” même si je suis le seul propriétaire, parce que ce que c’est vraiment un travail d’équipe», note Michael. Bien sûr, le Dandy a lui aussi connu plusieurs changements de personnel, notamment en salle. Mais l’homme d’affaires relativise. «On a eu des étudiants qui sont retournés aux études, des gens qui n’ont peut-être pas trouvé ce qu’ils pensaient ici. Mais maintenant, on a une belle équipe et pour moi, c’est essentiel, ça me permet d’apprendre à lâcher prise. Confier mon bébé et m’accorder un peu de temps pour moi!» explique Michael.

Depuis que l’établissement a ouvert et a fait le pari audacieux de n’ouvrir qu’en journée, il a remporté un succès immédiat qui se traduit notamment avec les brunchs de fin de semaine. Et autant se le dire, la variété, la fraîcheur et l’originalité du menu tient ses promesses dans des assiettes bien présentées. «Là où on travaille, c’est pour développer le côté take-out de notre comptoir café, parce que pour l’heure, les gens nous voient plus comme un resto. Or, on est aussi un café!» s’exclame Michael en pointant l’appétissant comptoir de pâtisseries et l’imposante machine à café.

Cafés, brunchs, partys

Le Dandy a des allures si impeccables de bon goût que Fitzgerald aurait pu y faire venir Gatsby en journée. Rien de trop clinquant, juste un petit côté art déco que la géométrie du décor et l’impressionnant bouquet de fleurs soulignent divinement. Lunch d’affaires ou d’amis, café à emporter ou à déguster, le Dandy se loue aussi en salle privée dès la fermeture. «On essaie de pousser ce côté, proposer notre espace, c’est ce que nous permettent nos horaires» explique Michael. On y entre comme on feuillète un magazine, excepté qu’on y prend place comme dans son salon, avec un plaisir certain et la satisfaction immédiate que procure le «beau».

Un homme d’affaires, de gym et de photos

Des horaires en journée, une équipe sur qui compter, Michael revient enfin à ses premières amours et à son besoin viscéral de faire du sport et de voyager. « Je suis enfin retourné au gym! Je m’entraîne 4 à 5 fois semaine quand je peux, j’aime ça, ça me vide la tête et c’est bon pour le corps». Véritable égérie sur Instagram, la popularité de son profil personnel a de quoi faire pâlir d’envie plusieurs influenceurs. Comme quoi le jeune entrepreneur a également un solide talent en marketing, dans sa vie professionnelle certes mais également au quotidien.

Fidèle à son souci de l’esthétique et de l’authentique, le propriétaire du Dandy a donné au quartier une jolie pépite foodie où l’on a pas besoin de tout immortaliser, mais qu’on aura vraisemblablement envie de photographier avant d’y déguster quoi que ce soit!