18 novembre 2016

Time 3 minutes

L’histoire du Vieux-Montréal à travers ses toponymes

L’histoire du Vieux-Montréal à travers ses toponymes

La diversité architecturale d’un quartier nous donne souvent bien des indices sur son histoire. Chaque bâtiment, que ce soit à travers les matériaux qui le composent, l’architecte derrière sa conception ou encore le style architectural auquel il appartient, est le témoin d’une époque, d’un mode de vie. Parmi les autres éléments qui peuvent nous révéler les secrets de l’histoire d’une ville, on compte l’appellation des rues, des parcs et des places publiques. La toponymie quoi !

Amusons-nous à découvrir la fascinante histoire derrière quelques-uns des choix toponymiques du Vieux-Montréal.

1. Ruelle Chagouamigon : Montréal, lieu de traite de fourrure

[caption id="attachment_16013" align="alignnone" width="503"]Ruelle_Chamigon La ruelle Chagouamigon; au fond, la rue Saint-Paul. ©Normand Rajotte[/caption]L’étroite petite ruelle Chagouamigon est si discrète qu’il est facile de la manquer. Située entre les rues Saint-Paul, de la Capitale, Place Royal et Saint-François-Xavier, son nom fait référence au Fort Chagouamigon, un ancien poste de traite situé au bord du lac Supérieur, aujourd’hui dans le Wisconsin. L’emplacement de cette ruelle dont l’existence remonte au 17e siècle se trouve près du lieu où, à cette époque, on organisait une foire annuelle de fourrure.

2. Rue de la Capitale : La capitale de quoi ?

[caption id="attachment_16014" align="alignnone" width="504"]Rue de la Capitale La rue de la Capitale, depuis la rue Saint-François-Xavier, vers l'est. © Denis Tremblay[/caption]Rendez-vous à l’extrémité sud de la ruelle Chagouamigon où l’on croise un autre témoin inusité de l’histoire du Vieux-Montréal : la rue de la Capitale. Avec un tel nom, on pourrait croire que l’on fait référence à ce moment de l’histoire où Montréal était la capitale du Canada-Uni, entre 1844-1849. Eh bien non puisqu’on retrouve des traces de l’existence de cette rue dès 1689! Ce nom fait plutôt référence aux bastions, un ouvrage de défense, des fortifications qui entouraient la ville. Ainsi, une capitale constitue la partie centrale qui divise le bastion en deux et cette rue correspond exactement à l’emplacement de celle-ci.

3. Rue de l’Hôpital : Témoin des sœurs hospitalières

[caption id="attachment_16015" align="alignnone" width="503"]Rue de l'Hopital Vue de la rue d’Hôpital depuis la rue Saint-François-Xavier. © Ville de Montréal[/caption]Envie d’une balade à travers le temps ? Prenez la rue Saint-François-Xavier, entre les rues Notre-Dame et du Saint-Sacrement, et tournez sur la petite rue de l’Hôpital. Cette dernière se trouve sur l’emplacement d’un petit sentier qui, jusqu’en 1672, permettait aux résidents de se rendre à l’hôpital et à la chapelle de l’Hôtel-Dieu. Aujourd’hui, il ne reste qu’une toute petite portion de cet ancien chemin.

4. Parc François-Dollier-De Casson : L’architecte des rues du Vieux-Montréal

[caption id="attachment_16016" align="alignnone" width="503"]Parc_FC ©Denis Tremblay[/caption]Quoi de mieux pour conclure ce billet que de rendre hommage à celui qui est derrière le tout premier plan des rues de Montréal ! C’est en juillet 1672 que cet homme aux multiples fonctions (aumônier militaire, prêtre missionnaire, supérieur du séminaire de Saint-Sulpice et même historien!) a réalisé l’aménagement de la première version de la trame urbaine de Montréal. Fait intéressant, on y trouve déjà à l’époque deux axes encore très importants aujourd’hui : les rues Saint-Paul et Notre-Dame.Alors que les traces de la ville fortifiée se font rares de nos jours, la toponymie de Montréal dresse le portrait de l’évolution culturelle et historique de la métropole depuis sa fondation, il y a presque 375 ans. Chaque nom exprime une riche histoire qui ne demande qu’à être racontée !